La mauvaise éducation

Des interviews policées, complaisantes ou trop peu incisives, nous sommes passés dimanche soir à l’interview tonitruante où les parties en présence devaient montrer, sans décevoir, tout ce que l’on attendait d’elles.

A ma droite…ou ma gauche, selon que l’on se place, un président de la République faisant l’objet de nombreuses interrogations sur son comportement et sa maîtrise devant les assauts annoncés des deux journalistes réputés pour leurs questions bien pendues et transgressives, ayant fait d’eux, au cours de joutes médiatiques passées, leurs fonds de commerce respectifs.  En face disais-je, un coq pourfendeur de célébrités politiques et grande gueule assumée, attendait l’heure fatidique pour voler dans les plumes de l’impétrant. Toujours en face mais à côté, complétant le binôme d’enfer, un trotskiste à la moustache stalinienne, journaliste et essayiste, qui vit dans un monde dont il refuse tout de lui et qui n’est pas le sien, mais dont, tout en utilisant les bienfaits de la société libérale, la combat jusqu’à l’absurde.

Dans un décor suranné, seule une immense table aux lignes épurées conforme au style contemporain de notre époque, accueillait pour la circonstance et dans l’aisance d’un espace imposant, nos trois protagonistes.

L’interview oscillât bien souvent entre l’interrogatoire d’une salle de garde à vue dont le présumé innocent est soumis à un flot ininterrompu de questions ne laissant que peu de temps à la réponse, à une ambiance de corrida, où deux matadors se concurrencent pour piquer l’animal là où ça fait mal en s’émerveillant de leurs bons mots.

Pas un seul instant le président de la République n’existât, il n’était qu’Emmanuel Macron et pour un peu, dans l’insolence de leur outrance affichée, les deux journalistes auraient pu se fendre d’un « Manu » au point où ils en étaient.

Pourtant, face à eux, c’était bien le président de la République Française qui tentait de répondre aux questions qui lui étaient posées, c’est-à-dire le représentant de tous les Français et le premier d’entre eux.

Ce soir-là, c’est la France qui a été agressée par le comportement de ces deux journalistes dont la profession journalistique ne peut guère s’enorgueillir d’une telle prestation. Ils se seraient grandis de ne point s’attacher à nourrir leurs réputations respectives, par ailleurs discutables, en formulant des questions, certes pertinentes et peu complaisantes, mais dans un style où le savoir-vivre ne se dilue pas dans une mauvaise éducation selon une stratégique qui n’a échappé à personne.

Le propre des vraies démocraties, c’est de laisser à ses citoyens la capacité de profiter des plus grandes libertés, et c’est heureux, mais aussi, des non moins plus fâcheux excès !

 

Crédit photo : James Pond

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