Circuits courts tous azimuts

A l’aube de ce XXIème siècle, la révolution numérique et sa déclinaison communicante, a fait du citoyen lambda, un « consommateur-citoyen » responsable et actif en prise directe avec le premier maillon que tout circuit met à sa disposition, alors qu’il y peu encore, celui-ci n’avait d’autre choix que de s’adresser à lui en passant obligatoirement par un système aux nombreux intermédiaires et parasites.

Aujourd’hui, les circuits traditionnels sont ébranlés pas de nouvelles habitudes.

Prenons l’exemple pertinent du marché agroalimentaire. Cette filière s’affranchit des scories du marketing moderne et a judicieusement intégré un nouveau mode d’écoulement de ses produits. Les producteurs de ce secteur, fatigués par des pratiques insoutenables et pour ainsi dire colonisés par la grande distribution, commencent et trouvent dans l’union et la force de leurs compétences, une émancipation nouvelle, et prétendent améliorer leurs marges en commercialisant sans intermédiaire leurs propres productions.

C’est ainsi que de nombreuses surfaces commerciales « sans chichis », fleurissent dans nos régions, dans un décor dépouillé, cultivant une image de proximité et d’authenticité, conduisant le consommateur à un rassurant retour aux sources.

Mais cette révolution numérique ne s’arrête pas là. Il en est de même avec d’autres aspects de notre société moderne. Le consommateur-citoyen, s’affranchit aussi des interfaces qui le séparaient habituellement de tout contact avec le moindre « influenceur ». A l’aide notamment des réseaux sociaux, d’Internet, celui-ci se sent pousser des ailes. Désormais, le quidam ne trouve plus la nécessité d’être représenté, il se prend en charge et interpelle, critique, invective, commente, selon son humeur et ce, directement avec « l’influenceur ».

Le citoyen s’est donc octroyé la possibilité de s’adresser à qui de droit sans qu’un pseudo représentant n’intervienne en son nom. Twitter, Facebook et autres réseaux, sont les circuits courts de la vie sociale, politique, administrative, et pour beaucoup, l’interlocuteur inaccessible d’hier ne l’est plus tout à fait aujourd’hui.

Conclusion, il n’en faut pas plus pour donner quelques réponses aux inquiétudes des partis politiques et syndicats s’agissant de leur baisse de représentativité tout comme la grande distribution s’interroge sur son devenir prochain.

Le fameux « dégagisme » serait-il bien plus répandu qu’on ne le pense ?

 

Crédit photo : Elaine Casap

 

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