Gilets jaunes, une jacquerie moderne

Voilà que les gilets jaunes veulent marcher sur l’Elysée, comme jadis le peuple marcha sur Versailles. Devant ce mouvement populaire insaisissable suscitant de nombreuses interrogations sur ses sources mêmes, n’est-on pas face à la révélation d’un phénomène nouveau dont la caisse de résonance qu’offrent les moyens de communications modernes, donne au citoyen lambda la possibilité de soulever des montagnes au nez et à la barbe, des syndicats, des partis politiques ou toutes autres structures publiques ?

Dans le cas d’espèce, c’est la révolte de la ruralité, du périurbain, mis en perspective d’une urbanisation qui évolue en quantité et en qualité de vie alors que, tout autour de cette urbanité sophistiquée, les villes moyennes et les campagnes regardent passer les trains toujours plus nombreux, toujours plus  fous, chargés d’une modernité galopante quand, dans le même temps, celles-ci piétinent dans leur affligeant immobilisme.

Il suffit d’observer une ville moyenne de 10.000 ou 15.000 habitants, riche de son influence dans sa zone géographique, au demeurant la ville de référence locale, et qui cependant, en trente ans, n’a pas changé, ou si peu, que le touriste qui la visite peut continuer à utiliser les mêmes cartes postales du temps jadis sans que celles-ci soient obsolètes.

Comme toujours, une révolte populaire, à plus forte raison lorsqu’elle est dénuée de colonne vertébrale, ne peut exclure d’être infiltrée par des fauteurs de troubles professionnels qui assouvissent leur faim de violence en s’offrant un terrain de jeu, bien cachés dans le cas présent, sous des gilets jaunes. Tout comme, quelques politiques démagogues, se servent de tels événements pour ajouter à l’envi de l’huile sur un feu déjà incontrôlable.

S’il fallait tirer une leçon de l’épisode gilets jaunes, il en revient aux dirigeants politiques à ne jamais oublier que la société, dont sa volonté émancipatrice n’est pas étrangère aux moyens technologiques mis à sa disposition, devient désormais, un volcan en éveil et il faudra, aux femmes et hommes en charge de responsabilités publiques, qu’ils s’obligent à une écoute, un dialogue, une modération de tous les instants.

Le citoyen d’aujourd’hui, n’est plus le gogo manipulable de jadis quand on le prenait par les sentiments ou sa spiritualité. La transparence maladive qui régit notre présent le faisant plus averti et instruit des choses de la vie… de sa vie.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :