Etre ou ne pas être gilet jaune

Jean s’interroge de ne pas être Gilet jaune. D’abord, il n’a rien vu venir. Méprisant, N’a-t-il pas dit haut et fort au tout début de ce mouvement populaire, alors que le premier rendez-vous du samedi s’annonçait : Samedi, on peint les moutons en jaune !

Jean, qui ne se croit pas dupe, voyait bien, en bon observateur, que cet écho venu de nulle part sinon des réseaux sociaux, ne serait qu’un feu de paille, tout au plus une agitation, une fièvre sans lendemain.

Depuis le mouvement a fait son chemin… et quel chemin !

La France est toute retournée et ne sait comment se sortir de ce guet-apens qui a pris en défaut tout le corps social sur lequel notre pays est conçu.

Ce faisant, au fil des samedis, la radicalité s’est installée et si le mouvement ne représente plus qu’une infime partie de la population, celui-ci s’est considérablement durci au point de faire peur à tout le monde. Désormais, le samedi est un jour mort où les magasins baissent le rideau, où les forces de police se déploient, où l’on compte en fin de journée les blessés et les dégradations. Jean ne peut s’empêcher de dénoncer cette violence, les revendications utopiques des manifestants et leur irresponsabilité face à une France qui veut s’en sortir depuis quelque temps mais qui le prouve aujourd’hui, a du mal à se réformer.

Jean cependant est lucide et savoure sa chance. Il habite une grande métropole où l’on vante son attractivité. Il est près de tout, son boulanger, son médecin, son tramway, son école, sa nounou, son hôpital. Il envisage même de ne plus faire usage d’un véhicule automobile, un peu pour une démarche écologique et beaucoup par économie : le grand luxe !

Jean peut ajouter aussi qu’il ne roule pas sur l’or, mais est respectueux des institutions, de l’ordre et de l’effort, même si parfois, pas dupe faut-il le rappeler, il voit bien que certains profitent abusivement du système. Son ADN, une forme d’altruisme viscéral le guide au point de penser plus à la communauté qu’à lui-même.

Pierre, son ami, réside à la campagne, un choix de toujours. 30 kilomètres les séparent, mais depuis peu, la distance entre eux deux s’est agrandie : Pierre est Gilet jaune bon teint ! Jamais content le Pierre, il est loin de tout et tout lui coûte. Alors avec ses nouveaux amis qu’il s’est fait à la faveur d’une occupation de rond-point, il peste, invective, éructe, deviendrait presque violent et surtout il dénonce péremptoire : tous pourris !

Depuis peu, Jean ne reconnaît plus Pierre. Fini l’homme docile et baba cool, fini les petits oiseaux, les forêts et les champs. Pierre veut tout casser pour mieux repartir… à zéro !

Et Jean pendant ce temps continue à s’interroger plus que de coutume, après tout, le changement de Pierre l’interpelle profondément, comment en sommes-nous arrivés là ?

Jean et Pierre ne parlent plus la même langue. Jean sait que Pierre reste son ami et que, peut-être, Pierre, sans le dire et par pudeur, lance un SOS à Jean ?

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