Gilets Jaunes : Arrêt sur images

Le désormais très populaire Eric Drouet prend une posture de personnage incontournable de la République. Il convoque, sonde, choisit ses interlocuteurs selon ses critères, comme on dit d’un individu à la notoriété récente : « il a le melon »

Ainsi, quelques semaines d’agitations populaires et notre société hyper développée, hyper technique, hyper scientifique, hyper informée et même parfois… désinformée, bien aidée aussi par une affligeante cupidité médiatique, sort de son chapeau la pire production d’homo sapiens. Nos temps très modernes nous ont donc  façonné un deus ex machina dans lequel raisonnent une profonde inculture consolidée par des certitudes et préjugés à laquelle conduit cette même inculture, nous rappelant s’il en était besoin, une merveilleuse réplique de cinéma : « Les c… ça osent tout ! »

Voilà où nous en sommes rendus. Ecouter, subir le premier quidam venu parce que, depuis quarante ans, la représentativité nationale, à quelques exceptions près, n’a pas été, loin de là, à la hauteur des enjeux du monde. La politique de l’instant, de l’émotion, du compromis, de la duplicité, a prévalu sur le courage, la vision et l’altruisme.

Comme la colère est toujours mauvaise conseillère et manque cruellement de discernement, tous les excès sont permis et, d’une société apaisée et évoluée, nous tombons brutalement de notre chaise au moment où un homme venu d’ailleurs, courageux et audacieux ose tenter de réformer notre pays pour préparer un avenir, sinon meilleurs, du moins pérenne à nos enfants.

Face à cette fronde, depuis quelques jours, Emmanuel Macron a mis en pause son élan pour écouter, débattre, comme jamais un chef d’Etat français ne l’a fait, et ce, en mouillant lui-même la chemise dans des rencontres marathoniennes.

Si la volonté des participants au « Grand Débat National » est réelle, celle-ci s’exerce au travers d’une frange de la population beaucoup plus modérée. S’agissant des Gilets Jaunes, le nihilisme qui les habite ne donne pas lieu à un optimisme exagéré tant ils semblent refuser tout débat, toute injonction, toute initiative quand celle-ci ne vient pas d’eux, pour résumer l’état d’esprit ambiant : ni dieu ni maître.

Comme en pareilles circonstances, l’opportunisme n’est pas en reste. Instruits des résultats obtenus du gouvernement par les Gilets Jaunes, les partis politiques et les syndicats, au plus bas de leur crédibilité et qui au demeurant n’ont plus rien à perdre, n’hésitent plus à s’afficher auprès de ces derniers en reprenant leurs doléances tout en espérant redorer leurs blasons respectifs. A ce jeu frivole du moustique virevoltant autour de la lumière providentielle, c’est fatalement courir le risque d’être encore plus dépréciés d’une population de moins en moins malléable aux basses manœuvres séductrices.

A la veille d’un inévitable 13ème acte, observons dans cette accalmie, d’une part la persistance d’un mouvement Gilets Jaunes pugnace mais dont l’identité peine à se dessiner, et d’autre part le « Grand Débat National » qui poursuit sont brassage d’idées et de doléances à travers tout le pays et dont le président de la République et son gouvernement comptent, le moment venu, tirer parti pour sortir d’une crise sociale qui, à n’en pas douter, fera date dans notre histoire contemporaine.

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