Le syndrome de la désinformation

Faire une liste exhaustive des désinformations produites au cours de ces dernières années de part le monde, risque s’avérer fastidieux et bien inutile puisque notre quotidien se nourrit désormais de cet état de fait, tout autant que le soleil se lève le matin et se couche le soir.

Par contre, ne doit-on pas se poser la question suivante : pourquoi la divulgation de ces contrevérités sont-elles aussi efficaces et considérées par ceux qui les reçoivent comme paroles d’évangile ?

Comme toujours, l’amplitude du mensonge distingue dans la hiérarchie de cette désinformation, celle qui est savamment produite à l’échelle industrielle avec des moyens redoutables en utilisant des outils technologiques puissants et les ressorts psychologiques les plus fouillés de l’âme humaine et la fameuse fake news dont tout un chacun peut faire usage dans son petit coin.

Si de tout temps la rumeur a été et demeure un phénomène bien connu et souvent assez mal enrayée, aujourd’hui, la caisse de résonance médiatique mise à la disposition d’esprits malfaisants est d’une autre envergure et d’une tout autre efficacité. Nous avons affaire à des stratèges pratiquant une manœuvre très élaborée qui suit un plan au même titre qu’un chef de guerre. Dans cette guerre moderne où la manipulation des consciences a remplacé les armes, le danger peut venir de toute part, tout comme il peut être insidieux et anonyme.

Dans le registre de la désinformation, l’exemple du Brexit est éloquent. Les pro-Brexit ont durant toute la campagne du référendum, claironnaient notamment que l’Union Européenne recevait du Royaume-Uni 350 millions de livres sterling par semaine pour son adhésion en précisant que cette somme pouvait faire l’objet d’une économie substantielle pour le pays dans le cas d’une sortie de l’Union. L’information a eu beau être réfutée en ramenant la somme à un niveau bien plus bas, elle fut néanmoins prise très au sérieux par les destinataires en quête de certitudes.

Et c’est bien là que réside le fond de la désinformation et de sa redoutable efficacité, car celle-ci répond à une attente, à savoir, s’attacher à voir se confirmer pour le détracteur tout le mal qu’il pense de l’Union Européenne. Cette désinformation s’est donc adressée bien évidemment aux farouches Brexiters qui n’étaient plus à convaincre, mais surtout, aux indécis dont un petit coup de pouce était à donner pour les faire basculer définitivement dans le camp du Brexit.

En fait, ne soyons pas dupes, la vraie information n’est plus de nos jours celle qui détient la vérité, mais seulement celle qui nous convient à entendre et qui est en conformité avec nos propres attentes.

Et dans le cas où la vérité viendrait à nous atteindre, il serait toujours temps de ne rien en faire : « il n’est pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ».

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