L’abstention en question

Au même titre qu’une compétition sportive, les observateurs en sont à supputer le niveau d’abstention prévisible à l’occasion des élections européennes, c’est même le sujet principal du moment. Il est étonnant que nous soyons à nous interroger sur un acte qui symbolise précisément cette liberté fondamentale qu’est notre liberté de conscience. Ce moment où nous sommes conviés à choisir nos représentants, pour que ceux-ci soient au plus près de l’idée que nous nous faisons de la conduite des affaires publiques.

C’est vrai que la qualité de la représentativité du citoyen a été malmenée ces dernières années et la crise des gilets jaunes n’a fait que confirmer cette crainte collective, se soldant bien souvent par un jugement péremptoire autant qu’arbitraire  : tous pourris !

La vraie démocratie attend du citoyen qui la compose, son avis et que celui-ci, rendu majoritaire, soit remis au meilleur représentant possible selon l’idée que nous nous faisons de la conduite des affaires publiques.

Dans les choix faits par le passé, quelques brebis galeuses, comme il en existe dans tous les pans de la société, ont dégradé profondément la fonction du représentant du peuple au point d’être aujourd’hui aveuglément désavouée quand elle n’est pas tout simplement rejetée.

Pourtant, il faudra toujours des femmes et des hommes qui sacrifient une partie de leur vie à la cause commune, du plus bas de l’échelle – je pense à tous ces bénévoles d’associations parfaitement anonymes et cependant dévoués corps et âmes – jusqu’au plus haut du spectre social, ces élus disponibles 24heures sur 24heures dont la vie de famille est mise en pointillé quand elle n’est pas saccagée, jusqu’au président de la République dont on voudrait qu’il donne son avis sur tout à toute heure et en tout lieu. Et pendant ce temps, le citoyen se défausse de son pouvoir responsable quand il est convié à donner son avis une fois de temps en temps.

Car, que coûte d’aller jusqu’au bureau de vote, surtout quand celui-ci a pris soin de se situer au plus près du citoyen, que représente le temps consacré à voter à l’échelle d’un existence ?

Evidemment les « bonnes raisons » de s’abstenir ne manquent pas. Pour certains c’est de ne rien comprendre à la politique, Pour d’autres, c’est la réponse à un mécontentement, pour d’autres encore, c’est un refus de l’institution quand ce n’est pas une paresse endémique à vouloir faire faire par les autres la part de notre propre responsabilité.

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