Immersion rurale

Prendre un métropolitain Bordelais, mais qui aurait pu être Lyonnais, Toulousain ou Nantais, plongez-le pendant huit jours en immersion totale dans un village français et ses alentours situé au beau milieu du département de l’Aveyron et demandez-lui, certes par le petit bout de la lorgnette, d’observer cette France oubliée qui a tant agité le pays durant l’épisode des gilets jaunes.

Rignac, Point de chute de ladite observation est une commune de 1916 habitants qui partage son regard à l’ouest, vers Villefranche-de-Rouergue, et à l’est, vers Rodez chef-lieu du département de l’Aveyron.

En cette fin du mois de juin, la campagne vallonnée étale son patchwork de parcelles laborieuses. La fenaison se termine, le blé déjà blond est presque mûr, le maïs se lève. Il n’y a plus de dimanche, le travail de l’homme est à son apogée, il récolte le fruit d’un long processus, à cet instant : la campagne est merveilleusement désirable !

Pendant ce temps Rignac vit. De la vaste piscine municipale montent les cris joueurs d’enfants batifolant dans l’eau rafraîchissante. Le terrain de camping sous les ombrages accueille son lot d’estivants et participe à l’économie du village. L’imposant centre culturel et le gymnase voisin traduisent la qualité de l’équipement de la commune. Pharmacie, boulangeries, épicerie, cafés, hôtels, super marché en périphérie, assument leurs rôles auprès des habitants. Mais ne pas occulter non plus ces trop nombreuses devantures de commerce aux rideaux baissés, conséquence d’une hémorragie de familles parties ailleurs faire leur vie.

Pourtant ici, la résilience n’est pas un vain mot, Belcastel tout proche, village médiéval abandonné, est devenu, de ruine qu’il était et sous la férule de vaillants amoureux du site,  l’un des plus beaux villages de France favorisant une nouvelle source touristique et économique.

Que dire de Villefranche-de-Rouergue, bastide où le marché du jeudi, véritable poumon économique, perpétue une coutume séculaire. Ou bien encore Rodez avec son imposante Cathédrale Notre-Dame, loin d’être abandonnée, est en chantier perpétuel rivalisant de ce point de vue avec la cathédrale Saint-André de Bordeaux.

Bien qu’excentré, l’Aveyron ne semble pas un désert immobile où le temps se serait arrêté. Le constat est bien plus contrasté et si certains le quittent, d’autres conviennent qu’ils sont peut-être dans une « France oubliée » où l’on ne voudrait pas vivre ailleurs.

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