Terrorisme démocratique à Londres

La plus ancienne démocratie planétaire s’est encanaillée en confiant son âme à un trublion élu par une poignée de militants (160 000) du parti conservateur britannique avec comme objectif avoué : sortir coûte que coûte de l’Union Européenne le 31 octobre 2019. Pour ce faire, le Premier ministre de sa gracieuse majesté, Boris Johnson, ne lésine pas sur les moyens. Par crainte de voir son funeste projet entravé par des atermoiements et palabres inutiles, celui-ci a décidé de se passer du parlement, chambre représentative du peuple s’il en est, au prétexte que les députés, en refusant majoritairement à maintes reprises l’accord passé sur le Brexit entre la Grande-Bretagne et l’Union-Eurpéenne, n’avaient plus droit au chapitre, et a suspendu le dit parlement de toute activité pendant cinq longues semaines alors que l’avenir crucial du pays impose une mobilisation générale du pays.

Evidemment la riposte s’organise, notamment de la part des anti-Brexit et bien que la manœuvre soit prévue dans la constitution britannique, il n’en est pas moins vrai qu’éliminer les représentants du peuple dans ce moment crucial pour l’avenir du pays relève plus d’un régime autocratique.

Depuis le 23 juin 2016, date à laquelle le référendum a entériné le Brexit, ses partisans s’arc-boutent sur leur victoire d’un jour, en maintenant mordicus que l’on doit respecter la décision du peuple, même si celui-ci n’a pas eu toute les cartes en main sur biens des sujets et notamment sur le devenir de la frontière entre les deux Irlande.

Il eut été plus judicieux de la part du législateur Britannique de faire reconsulter les Britanniques après une période de réflexion pour confirmer leur premier vote. Pour autant, on ne peut exclure que le résultat aurait été différent tant les Britanniques ont cette capacité à préférer leur indépendance insulaire au confort d’une Union-Européenne garante de son marché unique, plus apte à lutter avec les superpuissances économiques du monde.

Dans cette période de réflexion préconisée, les partisans d’un maintien dans l’Union-Européenne auraient pris conscience du danger du Brexit en se mobilisant plus et mieux. Ce qui, selon un résultat différent du premier référendum, aurait nécessité dans un délai d’un an par exemple, une confirmation de celui-ci. Le risque demeurant dans cette formule, de voir chaque consultation se contredire alternativement, mais deux réponses consécutives identiques, valoriseraient hautement la volonté du peuple britannique à sortir ou pas de l’Union-Européenne.

Au lieu de cela, nous assistons depuis plus de trois ans, à un déchirement permanent entre les pro et anti-Brexit, des Européens qui attendent le dénouement d’une affligeante situation, pendant que le reste du monde avance à grands pas.

Comme les Britanniques ne peuvent pas compter sur la sagesse d’un nouveau référendum par des brexitiens chevillés au pouvoir, trop conscients qu’ils sont du risque encouru à organiser une nouvelle consultation, la fuite en avant de Boris Johnson dans son avatar politique c’est le coup de grâce  fait à la démocratie britannique dont on peut s’interroger sur sa crédibilité après cet attentat sans précédent.

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