Quand la justice s’emmêle…

Des « décrocheurs » d’un portrait d’Emmanuel Macron poursuivis pour vol en réunion ont été relaxés par un juge unique du tribunal correctionnel de Lyon invoquant « l’état de nécessité » et le « motif légitime » et ce pour : « le non-respect des objectifs climatiques de la France et la légitimité des actions de désobéissance civile face à l’urgence climatique ». Le parquet a annoncé faire appel de la décision.

Cette décision de justice interpelle à deux titres. Le premier, bien que symbolique, la présence dans les mairies, hôtels de ville et autres bâtiments publics du portrait du président de la République ne repose certes que sur une coutume inspirée de la tradition républicaine. Pour autant, ce portrait n’est pas le fruit d’un culte de la personnalité comme de nombreuses dictatures de par le monde en font leur lit populiste, mais seulement le choix qu’a fait le peuple en son âme et conscience un jour d’élection. Dès lors, le respect de ce choix démocratique engage le pays tout entier aussi intimement que la devise « liberté, égalité, fraternité », l’hymne national ou le drapeau de la France. C’est pourquoi, décrocher le portrait du président de la République n’est pas un acte anodin, il encourage le mépris de la représentation, des institutions et nourrit les âmes malveillantes aux plus viles outrances à l’égard de notre propre identité. Secondement, ce jugement cautionne « à la désobéissance civile face à l’urgence climatique » Nous risquons, devant un tel acte, voir poindre ici ou là de nombreuses urgences sur de multiples sujets à seule fin de justifier la désobéissance que l’on ne manquera pas de qualifier pompeusement : de républicaine !

Comment donc un juge, dont on attend généralement maîtrise et raison, peut-il approuver en tant que magistrat une quelconque désobéissance républicaine dans un état de droit et une démocratie reconnue comme telle ? Sans compter par ailleurs sur la jurisprudence qui peut naître de cet étonnant jugement ouvrant les portes aux requêtes les plus farfelues.

En allant au-delà d’une intrinsèque considération matérielle et purement symbolique, la justice a cru devoir se prononcer dans le même temps en faisant un mélange hasardeux où le militantisme n’est peut-être pas étranger à la chose jugée. Il eut été plus juste que le magistrat s’en tienne à l’essentiel de la chose à juger plutôt que de s’égarer dans des circonvolutions oiseuses où le jugement devient sujet à caution quand la justice s’en mêle excessivement.

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