Autopsie d’un fiasco médiatique

Rare le moment où, tous médias confondus, ceux-ci se sont retrouvés en flagrant délit de fausse information en annonçant la capture par la police écossaise de Xavier Dupont de Ligonnès, meurtrier présumé de sa femme de ses quatre enfants et ses deux chiens en 2011, soit huit ans après les faits.

Cette mémorable soirée du vendredi 11 octobre 2019 qui a vu un emballement médiatique digne d’un « tsunami » a occupé abusivement le terrain de l’information avec un déluge d’analyses d’experts reléguant le conditionnel à quelques pusillanimes que l’on entendit d’ailleurs pas. Il y avait bien, suite à la comparaison positive des empreintes digitales une recherche ADN en cours, mais ce ne pouvait être qu’une confirmation de ce que l’on savait déjà.

Peut-être qu’à l’idée de voir un fugitif ayant mis en échec durant huit longues années la  pugnacité des enquêteurs, entretenant outrageusement l’énigme, comme une flamme qui ne demande qu’à se ranimer au moindre indice, la nouvelle ainsi dévoilée, fit naître auprès des intervenants un désir qui  l’emporta sur la raison la plus élémentaire.

C’est d’abord la police qui court devant un appel anonyme, une police écossaise alertée par la française et obtempère en arrêtant le présumé Xavier Dupont de Ligonnès, identifie celui-ci sur la foi d’empreintes digitales plus ou moins conformes, s’ensuit une communication précipitée et désastreuse de ladite police sans que du côté français, police comme justice, n’émettent un quelconque bémol. Avec des sources aussi officielles, il n’en fallait pas plus pour agiter le bocal médiatique, après tout, pourquoi douter si c’est la police qui le dit ?

Dans cette immédiateté coupable et donc par nature manquant de recul et de discernement, dans cet élan commun où la mine d’or côtoie dangereusement la rigueur journalistique, toute une profession s’est engagée à ses dépens dans un parcours chaotique pour avoir pris le risque de ne pas avoir laissé le temps au temps.

Evidemment, devant une telle confusion, une telle méprise collective, les mea-culpa se sont succédés, hélas, trop tard : le mal était déjà fait !

« A toute mauvaise chose malheur est bon » dit-on, il est à souhaiter que face à cet invraisemblable raté médiatique, policiers, magistrats et tous les organes de presse désormais, s’empresserons moins à divulguer une information, serait-elle sensationnelle, «sans avoir, comme l’on dit communément,  « tourné sept fois sa langue dans sa bouche».

Les conséquences désastreuses provoquait par un tel fait restera à n’en pas douter dans les mémoires et fera école tant la parole médiatique s’est démonétisée en se négligeant.

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