L’impitoyable dramaturgie du sport

En ce dimanche 20 octobre 2019, c’est le rugby qui accaparât l’attention de tous ses fervents supporters. Le quart de finale de coupe du monde de rugby opposant le Pays de Galles à l’équipe de France façonna minute après minute une épopée dont ce sport a le secret assortie d’une rare intensité émotionnelle.

Ainsi, les deux premiers essais français ont, dès les premières minutes du match, ranimé une flamme française oubliée depuis quelques temps. Ce début « tambour battant » empreint de virtuosité, déjouait tous les pronostics d’avant match. L’équipe de France, de sa position confortable de chasseur, devenait gibier et avait désormais tout à perdre de la suite des événements.

Une dramaturgie inattendue prenait corps en changeant l’enjeu du match. Désormais, La peur de perdre succédait à la crainte d’une potentielle humiliation.

Il ne fallut hélas que quelques minutes pour que cette euphorie naissante soit plombée d’un essai Gallois à la suite d’un ballon perdu dans un contact viril.  Quarante mètres plus loin, au terme d’une course où il fallait être plus rapide que talentueux, un joueur adverse aplatissait dans l’en-but français. L’action n’était pas sublime mais efficace.

A l’évidence, se confirmait que l’équipe de France n’était pas au bout de ses peines.  Heureusement, dans un éclair magique, un troisième essai, juste avant la mi-temps, ranima à nouveau les cœurs fébriles.

Puis, dans ce déroulement jusqu’alors sans faille, vint le geste déconcertant de Sébastien Vahaamahina. A cet instant, la tension était à son comble et il était acquis que « les mouches venaient de changer d’âne ». La dramaturgie avançait inexorablement ses pions : la victoire n’avait-elle pas déjà choisi son camp ?

En infériorité numérique et morale, l’équipe de France n’avait plus que son courage pour contenir les futurs assauts adverses. Au fil des minutes, la puissance Galloise eut raison du maigre capital Français et c’est par un tout petit point d’écart que ceux-ci vinrent échouer sur la dernière marche qui menait à la demi-finale.

L’issue était cruelle et la défaite amère, dans un dernier sursaut, la dramaturgie qui n’en avait pas fini avec elle-même, s’offrit quelques heures après, l’arrêt de la carrière internationale à l’âge de 28 ans de celui qui portera à jamais en lui le poids de l’échec, en oubliant que le rugby est un sport d’équipe et que, comme dans la victoire, l’échec est toujours collectif.

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