L’habit fait-il l’homme ?

Au moment où une énième crispation autour du foulard islamique agite nos consciences, ce symbole religieux devient un habit au second degré en montrant qu’il est bien plus qu’un petit morceau de tissu.

Qui n’a jamais sacrifié, fût-ce l’espace d’un instant, au port d’une tenue vestimentaire séductrice pour donner la meilleure image de soi ? Que serait un rendez-vous galant, un entretien d’embauche, une sortie publique, sans le souci de s’y trouver à son avantage ? Cette image personnelle que l’on veut donner à autrui et qui prévôt à toute qualité individuelle invisible à l’œil nu.

La comédie humaine nous propose au cours de la vie de jouer un rôle parfois bien différent de nous-même pour mieux s’y fondre. L’apparence est ainsi la forme la plus répandue de la nature humaine.

L’habit, outil du paraître, sait aussi en d’autres circonstances être rassembleur, le gilet jaune en est le parfait exemple en symbolisant une identité contestataire.

Cette identité que l’habit véhicule on la retrouve naturellement dans des causes régaliennes, celle du policier, du militaire, du pompier, de l’infirmier, mais aussi le maillot du sportif dont l’honneur côtoie le fanatisme du supporteur, sans oublier le religieux et son apparat cérémonieux.

Comment donc ne pas évoquer l’embarras du moment provoqué par le voile islamique sur la société Française. Cette modeste surface de tissu soulève tant de controverses et de convictions, qu’aujourd’hui : qui peut prétendre détenir la conduite à tenir ? Pour certains il est un symbole spirituel et seulement spirituel, pour d’autres une soumission de la femme à une pseudo-loi religieuse, pour d’autres encore une  identité communautaire déclarée ou un acte politique. Assurément, dans la société occidentale, le voile a des connotations affirmées, et le fait que le port de celui-ci ne se cantonne pas à la sphère privée, qui plus est, dans un pays laïque de plus en plus anticlérical comme la France, exacerbe les tensions et les ressentiments.

Aux yeux des progressistes, le voile islamique demeure de nos jours ce signe extérieur qui manifeste une dévotion surannée au nom d’une spiritualité qui devrait se cantonner à l’intime.

L’habit et ses nombreuses déclinaisons, ne serait-il donc pas un instrument pervers qui influence nos consciences en mal de certitudes ?

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