Les privilèges: Une passion française

Dans la nuit du 4 août 1789, les députés de l’Assemblée nationale constituante votent l’abolition des droits féodaux et divers privilèges. Depuis cette date, les Français n’ont eu de cesse de retisser un catalogue de privilèges à tous les niveaux qui constituent  la société française.

Comment donc s’étonner quand un simple coupe-file distingue, ceux qui font la queue de ceux qui, perspicaces, mieux informés ou tout simplement resquilleurs, s’évitent une épreuve supplémentaire où seule la plèbe est conviée. Qui n’a pas sollicité ou bénéficié d’une place gratuite pour une manifestation sportive ou culturelle ? C’est là, quelques petits privilèges que l’on peut assimiler aux « commodités de la vie courante ».

Evidemment les vrais privilèges ne se traduisent pas seulement dans quelques puériles faveurs, mais bien dans des avantages d’une tout autre nature.

Ainsi flotte parmi le peuple une paranoïa très imaginative quand on évoque le train de vie, vrai ou supposé, de la représentation nationale. Du président de la République au plus modeste élu de la nation, tous sont tombés dans la marmite de l’opulence républicaine. Les anciens édiles politiques n’échappent à la règle et ce n’est pas l’exemple d’un  président de la République de 1974 à 1981, qui bénéficie encore aujourd’hui de dispositions très avantageuses quatre décennies après la fin de son mandat.

Cette « noblesse républicaine » instituée au fil du temps, relève d’un atavisme bien ancré dans l’esprit français que l’on retrouve dans l’apparat somptuaire des palais de la République, lesquels ont conservé avec bienveillance tous les ors de la défunte monarchie.

Alors, quand le président de la République et son gouvernement envisagent au nom de l’égalité républicaine, d’éradiquer les régimes spéciaux de retraite, symbole de privilèges surannés, c’est sans surprise que s’élèvent de puissantes résistances corporatistes.

A ce titre, l’actualité nous propulse vertement vers le conflit du gouvernement avec la SNCF, laquelle se voit directement concernée par la remise en question de ses « avantages acquis », privilèges que n’aurait pas reniés la monarchie d’antan. Autres temps, autres mœurs, la révolution à l’envers s’exerce de nos jours par des grèves surprises, avec pour celles-ci, une capacité de nuisance absolue. Ce qui peut faire dire : Que le voyageur a plus de chances de voir arriver une grève surprise, que d’être surpris par son train qui arrive à l’heure… à moins que ce ne soit considéré comme un privilège !

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