La violence dans tous ses états

75 années de paix en France métropolitaine sont-elles trop longues pour que la société des hommes cherche un exutoire à ses plus bas instincts ? A la guerre, où la violence est légitimée par la nature même de celle-ci, s’impose aujourd’hui une violence protéiforme qui va de l’attentat mortifère aux mots qui blessent l’âme.

Si en matière de violence on pense tout naturellement aux attentats qui ont douloureusement marqué les consciences, ceux-ci s’apparentent plus à des faits de guerre, avec leurs morts, leurs blessés, leurs traumatisés et son implacable logique mortifère.

Mais notre société contemporaine a bien plus d’un tour dans son sac et sait entretenir le genre au gré des évolutions démographiques, scientifiques, générationnelles, politiques ou sociétale. Quand on pense violence, les sujets ne manquent pas et relèvent d’une évolution anachronique de notre civilisation.

Alors que nous sommes mieux instruits des choses de notre univers, que nos vies disposent de connaissances toujours plus nombreuses, toujours plus maîtrisées, la violence ne cesse de se reproduire comme aux temps les plus reculés avec l’appui et la duplicité de la technologie et des sciences sociales.

C’est ainsi que nos démocraties, toujours en quête de plus d’égalité et de liberté, émancipent la nature humaine au point de voir un énergumène sans foi ni loi, s’engouffrer dans la faille de la liberté et démolir gratuitement une stèle commémorative, persuadé qu’il bénéficiera de l’impunité que sa révolte portée en étendard  justifie pour son acte « de bravoure ».

Que dire des violences sexuelles ou conjugales faites aux femmes. Héritage séculier venu du fond des âges. Notre époque dite moderne ne sait combattre ce fléau dégradant. Pour quelques hommes, elles s’inscrivent encore dans des lois divines ou naturelles pour lesquelles la femme demeure religieusement, anthropologiquement, soumise à l’homme. Heureusement d’autres hommes ont une vision plus moderne et plus avancé du sexe opposé.

Enfin, ne pas oublier l’outrance médiatique, les balles d’hier sont devenues les mots d’aujourd’hui, le pamphlet de jadis s’efface au bénéfice d’une ode à la méchanceté gratuite et trop souvent anonyme. Pourvu qu’elle blesse et souille, l’invective verbale ou écrite se porte admirablement bien. Quiconque se montre, s’expose à la justice médiatique, consommatrice d’immédiateté et d’émotion perverse, sera détruit sans ménagement sur l’hôtel du châtiment populaire.

La violence ne serait-elle donc pas devenue finalement un slogan contemporain, un ensauvagement, une manière d’exister ?  Je suis violent, donc je suis !

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