Les tribulations de Benjamin

Toujours aussi insatiable et féconde, l’écume des jours sait parfumer notre quotidien d’odeurs où la morale pactise parfois avec le sordide.

Depuis que l’affaire Benjamin Griveaux a mis le feu à nos oreilles, il est bien plus urgent, pour une grande partie de la faune politique, de dénoncer une honteuse ingérence dans la vie privée d’un homme, en lui manifestant soutien et empathie, que de lui opposer ses turpitudes à caractère sexuel dont l’homme a maladroitement fait usage en jetant sous la forme d’une vidéo, une bien compromettante « ode au plaisir solitaire » à l’attention d’une relation féminine prouvant au passage, s’il en était besoin, sa peu orthodoxe fidélité.

Car de coupable, Benjamin Griveaux l’est de s’être rendu bien vulnérable avec cette vidéo dont il ne maîtrisera, dès lors, rien du sort réservé à celle-ci une fois envoyée par voie numérique, qui est loin, c’est bien connu, d’être impénétrable.

La vidéo daterait de 2018 nous dit-on, l’homme à cette époque était déjà en responsabilité gouvernementale et sa position de ministre, l’exposait naturellement à quelques pièges potentiels dus à la fonction, imposant de sa part une réserve tous azimuts face aux projecteurs inquisiteurs de la vie publique.

Hélas, la nature humaine est bien fragile, investi d’un réel pouvoir, gratifié au quotidien de marques d’attention, quel homme, de surcroît ministre, ne se sentirait pas intouchable ?

La naïveté et la légèreté dont a fait preuve Benjamin Griveaux ne sont pas digne d’un homme politique de ce rang, il en paie aujourd’hui durement les conséquences pour, ne serait-ce qu’un simple égarement, avoir compromis sa carrière politique et plus douloureusement, sa vie familiale et affective.

Quant aux auteurs de ce bien sordide épisode, certains y verront un complot intérieur, d’autres, une ingérence étrangère, l’avenir nous dira ce qu’il faut en retenir, si celui-ci est toutefois en mesure de nous instruire plus amplement ?

Conclusion, passer par Sciences Po et l’ENA, pour en arriver à un jeu d’adolescent attardé, n’est-ce pas un invraisemblable gâchis ? Une certitude, Benjamin Griveaux n’a pas rendu service à sa famille politique, pas plus qu’à tous les politiques, et les populistes en tous genres verront se confirmer leur théorie simpliste : le nouveau monde n’est pas mieux que l’ancien !

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