L’arbre ne doit pas cacher la forêt

Le Covid-19 est donc devenu en quelques semaines la clé de voûte de notre quotidien. A chaque jour qui passe, l’empreinte tyrannique du virus conditionne notre présent et nous impose à être de plus en plus vigilants tant nous sommes peu à peu conscients de la remise en jeu à tout moment de notre propre existence.

En conséquence, notre santé est devenue omniprésente repoussant toutes les contingences économiques, matérielles, en des temps meilleurs.

De nos quatre murs, chaque soir à 20 heures, nous remercions les personnels soignants de leurs dévouements et des risques qu’ils encourent, obéissant souvent au-delà du possible pour sauver de fragiles vies remises entre leurs mains. Ils sont nos héros d’une guerre sanitaire sans égal et des combattants d’autant plus anonymes qu’ils sont masqués. Mais on ne peut oublier ces chauffeurs routiers qui, passant outre l’injonction syndicale de se mettre en grève pendant tout le mois d’avril, continuent à irriguer le pays pour éviter un autre type d’asphyxie. Une pensée aussi à tous ces bénévoles aux petites ou grandes tâches, ces médecins à la retraite qui reprennent du service, chômeurs partiels, comme cet artisan plâtrier à l’arrêt qui transfère de son temps devenu libre pour jouer les petites mains dans un hôpital sous tension. Ces jeunes gens qui apportent leurs aides à des personnes âgées rendues plus vulnérables par le virus qui rôde, la liste est bien trop longue à faire sans risquer d’oublier une seule de ces belles âmes qui composent notre corps social.

Et puis il y a la face plus sombre de la nature humaine, comme ces « charmants voisins » qui surveillent, dénoncent ou tentent de repousser loin d’eux une infirmière au prétexte qu’elle peut leur transmettre le virus, si besoin en  déménageant sur le champ. Ou bien ces adeptes de l’incivilité ou de l’affairisme qui, profitant des circonstances, poussent leur avantage factuel dans le malheur d’autrui.

Et comment oublier ces personnalités médiatiques fleurant bon l’air du temps en n’hésitant pas à faire usage de leur science à géométrie variable pour invectiver doctement, au besoin poursuivre des hommes et des femmes qui n’ont que leur bonne volonté face à un piège sans précédent où seule l’improvisation (quel mot indécent) demeure face à une situation aux nombreuses inconnues, là où précisément la solidarité devrait demeurer pour tous le seul mot d’ordre.

Heureusement cette face cachée, mais bien réelle, n’effacera aucunement cette majorité agissante dont la générosité et l’altruisme ne relèvent d’aucun cynisme sinon de confirmer que la nature humaine peut être une belle âme quand l’adversité s’oppose à elle.

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