Le masque et la thune

Le Covid-19 et son « tic-tac » mortifère quotidiennement énoncé ne font que nous rappeler l’impérieuse nécessité de protéger coûte que coûte notre fragile nature.

Au hit-parade de la protection virale, le masque est devenu en très peu de temps l’incontournable objet à posséder.

Cependant, pour disposer d’un tel bouclier encore faut-il qu’il soit accessible, et c’est bien là que le bât blesse, au moment où nous en aurions le plus besoin, le masque est bien plus convoité que disponible.

Puisque pénurie il y a, une armée d’âmes de bonne volonté s’est levée pour répondre au besoin immédiat du pays. Dans un élan commun, couturières bénévoles, collectivités locales, chefs d’entreprise, petite ou grande, forts de leur savoir-faire et dans un esprit de solidarité, ont  improvisé au pied levé des unités de confection. C’est ainsi que cette armée empirique ainsi constituée, allant de la petite dame de 93 ans qui a ressorti sa vieille machine à coudre à pédale, au chef d’entreprise qui réussit le tour de force de monter en quelques jours un atelier de 130 postes pour fabriquer 30.000 masques par jour, s’est mise en état de production toutes affaires cessantes.

Face à cette demande conjoncturelle, les généreuses initiatives locales ne sauraient cependant couvrir la totalité des besoins et le recours à l’importation demeure le passage obligé.

En cette période où la tension sur les masques est planétaire, oser s’aventurer sur un marché mondial très tendu n’est pas chose aisée pour faire ses emplettes, c’est même le meilleur moment pour rencontrer des aigrefins sans scrupules. L’urgence l’emportant sur la raison, l’acheteur pressé de conclure, devient une proie facile dans les griffes d’une noria d’affairistes, intermédiaires ou filières mafieuses venus s’immiscer dans une bulle d’autant plus lucrative que vient s’ajouter une concurrence féroce entre les acheteurs eux-mêmes tous aux abois face à l’urgence sanitaire.

La cupidité étant de ce monde, il ne faut donc guère s’étonner qu’en cette scabreuse période et quand bien même la santé humaine est l’enjeu principal, on ne puisse écarter l’émergence d’une faune mercantile toujours à l’affût d’une providentielle opportunité profitant du malheur d’autrui. Traduit en langage mafieux : prendre de la thune quand c’est le moment !  Plus qu’une bulle factuelle, c’est un filon qui s’est fait jour et qui n’est pas prêt de se tarir si on en croit les incertitudes scientifiques pesant sur le virus et son éradication.

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