Nos vies en mode « sans contact »

Le règlement de petites sommes au moyen de la carte bancaire en mode « sans contact » nous est désormais devenu familier. L’extrême simplicité du processus profite de la technologie numérique toujours en quête de  rationaliser notre quotidien en l’aseptisant de gestes superflus.

Avec la Covid-19, l’usage du mode « sans contact » a pris une dimension inattendue pour devenir un geste barrière incontestable. D’ailleurs les acteurs sanitaires et économiques ne s’y sont pas trompés puisque ce moyen de paiement a été très rapidement plébiscité au point même de relever au pied levé le montant maximal de la transaction de 30€ à 50€ ayant pour effet d’élargir le champ de son usage au détriment notamment de la monnaie fiduciaire soupçonnée d’être un vecteur infectieux.

Avec ce virus qui semble vouloir ne pas nous quitter de sitôt, une prise de conscience générale dont la distanciation physique est l’épine dorsale, fait redoubler d’ingéniosité l’ensemble de la communauté humaine pour se protéger et circonscrire le fléau qui l’accable.

Pour l’instant, au diable toute effusion généreuse où l’âme humaine par  le toucher manifestait  l’empathie à autrui des bons ou mauvais instants de la vie. Adieu civilités tactiles désormais réduites à quelques singulières poignées de coude ou de pied faute de pouvoir utiliser la main.

Le « sans contact » s’est donc étendu en quelques semaines à tous les recoins de la vie sociale emportant sur son passage nos rencontres fortuites, nos rendez-vous choisis, nos entretiens constructifs, quand ceux-ci, privés de visages expressifs derrière des masques sans âme, n’ont plus que leurs yeux pour maintenir un semblant d’humanité et encore… maintenue à distance.

Si la distanciation est devenue gage d’attention et de protection quand hier encore elle n’était synonyme que d’indifférence, qu’en sera-t-il désormais de nos comportements si ceux-ci, mal traduits sous l’effet cumulé des filtres déformateurs de la distance et de l’anonymat, sont noyés dans un océan de quiproquos inopportuns ?

Rien n’est donc simple en ce bas monde des  « jours d’après », nous sommes résolument condamnés à garder nos distances en toutes circonstances et en tous lieux, c’est vers un avenir iconoclaste qu’un designer français nous destine en imaginant une cloche de protection transparente individuelle pour les clients de restaurant. Sommes-nous prêts à nous asseoir autour d’une table de restaurant, à bonne distance les uns des autres, dans cet ersatz de convivialité ? C’est à peine si l’on osera toucher à nos plats !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :