D’un drame à son usage fallacieux

Evoquer George Floyd c’est inéluctablement faire le procès de cette Amérique qui n’en finit jamais avec la violence. Cette démocratie première économie du monde, où l’orgueil de la nation est omniprésent, n’arrive pas à se défaire de ses scories fondatrices. L’abolition du séparatisme racial est-il trop récent pour que des hommes aujourd’hui encore, quand bien même seraient-ils une minorité, discréditent une communauté pour sa couleur de peau ? Quand par ailleurs les Etats-Unis choisissent un président qui promeut ouvertement des vertus où la violence des mots étaye une volonté exacerbée de domination. Comment s’étonner alors, que quelques individus, seraient-ils investis et responsables d’une délégation de pouvoirs, se sentent autorisés à appliquer une violence inappropriée à la fonction ?

Le genou de Derek Chauvin n’est que l’instrument meurtrier d’un homme qui n’avait rien à faire dans la police de son Etat. Le respect de la loi, à supposer qu’elle a été bafouée, ne vaut certainement pas l’agonie jusqu’à la mort d’un homme dans de telles circonstances. Le « Shérif » s’est transformé en cow-boy, le justicier qu’il croyait être, n’est en fait qu’un vulgaire salopard qui va finir le reste de sa vie dans une cellule d’un pénitencier du Minnesota.

Derek Chauvin peut, au point où il en est, s’enorgueillir d’avoir mis le feu à l’Amérique tout entière, discréditer tout ce qui ressemble à un policier aux Etats-Unis mais aussi de par le monde, comme l’ont montré les différentes manifestations organisées ces derniers jours dans de nombreux pays pour dénoncer les violences policières.

Le prix de la mort de George Floyd, qui devient le martyr de la communauté noire américaine aux côtés du Pasteur Martin Luther King, aura eu pour vertu, tout en discréditant abusivement l’ensemble des policiers, de jeter un pavé dans le marigot sécuritaire afin d’éliminer les brebis galeuses que tout corps régalien possède peu ou prou, mais qu’une police digne ne saurait conserver ou accueillir en son sein.

La meilleure défense c’est bien connu étant l’attaque, la famille Traoré s’est opportunément servie de la mort de George Floyd avec son poids émotionnel, pour relancer la polémique sur le décès d’Adama Traoré survenu dans une caserne de gendarmerie en 2016 après une arrestation houleuse au cours d’un contrôle auquel la victime a tenté de se soustraire.

On part d’une affaire grave venue des Etats-Unis avec sa dimension raciale identifiée, pour s’enliser dans une affaire totalement instrumentalisée par une famille dont certains membres ont été condamnés à plusieurs reprises, laquelle aujourd’hui fait marcher la France sur la tête au point, à condition que cela soit vrai, de refuser à la ministre de la justice un rendez-vous que celle-ci doit, quoi qu’il en soit, ne jamais  proposer sur une affaire toujours en cours d’instruction.

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