2020, l’année du masque

Tous n’étaient pas contaminés, mais tous étaient masqués. Voici ce que pourraient retenir de nous nos chers disparus s’ils revenaient dans le bas monde d’aujourd’hui.

Qui, en ce premier jour de l’année 2020, alors que nous nous projetions encore à corps perdu vers un avenir porteur d’espérances, aurait imaginé un seul instant se retrouver quelques mois plus tard affublé d’un masque protecteur, condition sine qua non à tout déplacement hors du domicile ?

Tout a commencé au mois de décembre 2019 avec un virus inconnu qui, nous disait-on, parti d’un marché chinois, sévissait dans cette lointaine contrée du monde. L’exotisme de l’information ne mérita de notre part qu’un accueil distant assorti d’une condescendance toute naturelle nous considérant à l’abri d’un tel fléau. Au mois de février on parlait d’épidémie, la France humaniste manifesta même sa solidarité à l’égard d’un peuple chinois aux abois en envoyant 17 tonnes de fret comprenant des combinaisons médicales de protection, des masques, des gants et des produits désinfectants.

Un mois plus tard, la France elle-même se confinait après une arrivée en force du virus appelé coronavirus dont nos voisins italiens souffraient déjà tragiquement : l’épidémie devenait pandémie.

Dès ce moment, le masque devient sujet à polémiques. Entre le gouvernement qui minimise son utilité en limitant sa distribution aux seuls personnels soignants faute d’en disposer pour le reste de la population et le milieu médical qui réclame des masques pour tout le monde. Une guerre du masque s’installe ouvertement. Face à cette pénurie, des voix s’élèvent et s’étonnent que rien n’ait été anticipé, la population gronde et réclame des masques qu’on ne lui fournit pas. Heureusement, dans l’urgence, quelques initiatives privées n’attendent pas et organisent  des confections semi-industrielles tandis que dans les familles la machine à coudre est ressortie.

Peu à peu, le masque devient disponible et même une surabondance se fait jour au grand dam de quelques fabricants français qui ont du mal à écouler leurs productions de fortune.

C’est le moment où le masque devient plus vertueux que jamais et geste barrière incontournable et universel. C’est aussi le moment où ceux qui réclamaient des masques quand il n’y en avait pas, refusent de le porter quand il est disponible et qu’il devient obligatoire.

A l’évidence l’année 2020, faute de ne plus porter en elle toutes ses espérances originelles, risque de se voir tristement associer à jamais à l’avènement du masque sanitaire source de nos pires avanies, surtout si le virus persiste durablement de son insolente présence.

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