Par les deux bouts de la lorgnette

Comme le jour s’oppose à la nuit, la maladie à la santé, l’ignorance au savoir, le gouvernement ne s’est pas rendu la tâche facile avec la mise en place de ce second confinement. Vouloir conjuguer le maintien de l’activité économique tout en réduisant la circulation des personnes c’est à l’évidence faire télescoper les exigences sanitaires avec les contraintes économiques, périlleux exercice.

Selon que le point de vue est du côté du gouvernement, l’important est prioritairement de réduire la chevauchée galopante du virus dans la population afin que le système de santé, avec ses limites, ne soit pas débordé au point de ne plus pouvoir soigner la totalité des malades qui se présentent à lui. A l’opposé, le secteur économique se voit amputé de toutes les activités recevant du public à l’exception de celles distributrices de produits de première nécessité.

Cette fois-ci, de nombreuses activités souhaitent ne pas subir le même supplice, d’autant que de bonne foi, elles estiment avoir tout mis en œuvre pour faire respecter les gestes barrières à leur clientèle et à elles-mêmes.

Un vent de fronde s’est levé dans les milieux économiques, soutenu par quelques maires qui ont pris des arrêtés municipaux autorisant les commerçants à rester ouverts malgré les injonctions gouvernementales. Dans le cas d’espèce, deux points de vue s’opposent. Pour l’un, les maires défendent leurs administrés et particulièrement les commerçants qui ont souffert lors du premier confinement et qui depuis n’ont pas retrouvé leur niveau d’activité habituelle. Le second, repose sur un message de désobéissance que font passer ces élus locaux, cheville ouvrière de la nation et qui, frondeurs à leur tour, se fourvoient en refusant de respecter les consignes nationales. C’est aussi pour ces maires, un mauvais signe qu’ils se donnent, en faisant usage d’une forme d’incivilité,  courant le risque de se voir contester à leur tour le moindre arrêté municipal par un de leurs administrés.

D’autres corporations réclament des dérogations, en premier lieu desquelles, les restaurateurs, les libraires dont la caution culturelle est mise en avant, d’autres encore avancent une égalité de traitement  avec les différents canaux de distribution. Si ces dérogations sont entendues, ce sont des digues qui céderont unes à unes, laissant libre cours au Covid-19 que l’on veut contenir. Ainsi celui-ci poursuivra son petit bonhomme de chemin en se propageant et retirant de fait, tous les effets attendus du confinement.

Gouverner aujourd’hui avec le virus, c’est choisir entre de mauvaises solutions, quel que soit le point de vue où l’on se place, tout en  sachant que seules la discipline et la raison de chacun peut contribuer à franchir l’obstacle sans trop de dégâts tout en attendant un salutaire vaccin libérateur.     

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