Du rêve au cauchemar américain

Il n’est pas sûr que les prétendants au rêve américain aient fantasmé sur le surréaliste envahissement du Capitole par les manifestants pro-Trump galvanisés par le président sortant, lequel refusant obstinément la défaite. Ce mercredi 6 janvier 2021 alors que le Sénat et la Chambre des représentants sont réunis pour certifier la victoire du président élu Joe Biden, le monde découvre d’hallucinantes images où dans une indescriptible panique, les forces de l’ordre présentes sont débordées par l’ampleur de l’invasion.  Là, un militant est assis dans un fauteuil les pieds posés sur le bureau de Nancy Pelosi la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, « C’est mon bureau, je suis un contribuable. Je suis un patriote. On le lui a prêté », ajoute-t-il. Plus loin, un homme, torse nu, une coiffe amérindienne avec des cornes de bison se déclare « guerrier spirituel ». Dans un escalier, un policier poursuivi par des émeutiers fuit dans les étages et semble orienter courageusement ceux-ci dans une direction afin de protéger les élus présents dans les lieux. Le Capitole, symbole de la démocratie américaine est en plein naufrage.

Si cet événement sans précédent doit compter ses victimes (cinq morts), c’est bien de l’ordre du symbole que relève l’attaque du Capitole. La plus grande démocratie du monde, la première économie du monde, ainsi bafouées, ainsi traitées, avec autant de désinvolture, doit inquiéter l’ensemble des démocraties, car aucune d’entre-elles n’est à l’abri de tels actes. Bien que seulement comparables par le côté symbolique, il faut remonter au 11 septembre 2001 et l’attaque des deux tours jumelles pour voir une démocratie qui subit, ou les premiers pas de l’homme sur la lune pour en gratifier son dynamisme et ainsi susciter un tel choc émotionnel venu du nouveau monde.

Evidemment nous Français, on ne peut s’empêcher de se rappeler dans cette « prise du Capitole », les dégradations de l’Arc de Triomphe ou bien la volonté des Gilets jaunes de marcher sur le palais de l’Elysée. Ce précédent français n’a-t-il pas inspiré le climat insurrectionnel américain d’aujourd’hui ?

Après ce fâcheux épisode, les Etats-Unis n’en ont cependant pas fini avec une partie de sa population qui ne reconnaît toujours pas le résultat de l’élection présidentielle. Le 20 janvier, c’est sous état d’urgence et en l’absence de Donald Trump  que se déroulera l’investiture de Joe Biden comme 46e président des Etats-Unis d’Amérique. Dans un climat très tendu, le FBI redoute des violences et prévoit un dispositif policier et militaire hors norme pour cette journée à risque. Souhaitons qu’à cette occasion, l’Amérique ne passe pas du cauchemar qu’elle vient de vivre, au chaos, ce qui en dirait long sur nos démocraties de plus en plus fragilisées par des minorités manipulées où le complot et la victimisation sont les deux mamelles d’un populisme planétaire.

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